Le camp de La Lande


Le plus grand d’Indre et Loire…


Le camp de la Lande, proche de la gare de Monts, a fonctionné de novembre 1940 à janvier 1944. Il est longtemps resté ouvert car il était situé à 16km de Tours, où siégeaient les autorités allemandes. Il était également à proximité de la ligne ferroviaire Paris-Bordeaux.

Ce camp avait une superficie de 7.5 ha. Il fut l’un des plus importants de France par le nombre de personnes qui y vécurent : parmi eux, 6 à 700 juifs séjournèrent de fin 1940 à septembre 1942.



Xénophobie, nazime


Au départ, il ne s’agissait que de logements destinés à héberger des ouvriers de la Poudrerie du Ripault. Vides en octobre 1940, ces bâtiments attirent l’attention des Allemands qui les transforment alors en « camps d’accueil pour étrangers ».

Fin 1940, les réfugiés les plus divers y sont enfermés. Ces victimes étaient des étrangers et des français arrêtés lors des rafles exécutées par les Allemands. Deux convois totalisant de 6 à 700 personnes débarquent à La Lande fin 1940. Ce furent les premiers convois de Touraine.

Le camp était sous administration française avec comme premier directeur un avocat à Tours assisté de personnels français. Le camp restera toujours sous la responsabilité française.



Un durcissement des conditions d’internement


5 janvier 1942 à fin septembre 1942


Les mesures antisémites se durcissent, le camp est alors entouré d’un triple réseau de fils barbelés en 1941 et devient un « camp d’internement pour Juifs ».

Le règlement intérieur change :

  • Colis confisqués
  • Une seule lettre par semaine autorisée
  • Interdiction de communiquer avec l’extérieur
  • Toujours plus de gendarmes et de gardes civils…

En juin 1942, le port de l’étoile juive devient obligatoire.

A partir des rafles de Tours en juillet 1942, le camp est surchargé malgré les départs réguliers de ses occupants vers Auschwitz via Drancy.

Fin septembre 1942, toute la population juive du camp est déportée aux camps d’Auschwitz-Birkenau. Il est prouvé qu’au moins 603 juifs, de tous âges, ont été déportés. 14 survivants seulement ont été recensés par la commune de Monts.

Octobre 1942 à janvier 1944

La Lande devient un camp de femmes (françaises ou étrangères) où cohabitent trois catégories de détenues :

  • Les politiques, dont 227 femmes communistes et 2 enfants en 1942
  • Les droits communs (une soixantaine)
  • Et quelques prostituées

Nombreuses furent les femmes qui s’engagèrent dans la résistance dès leur sortie du camp.
 


La fermeture du camp


Vidé de ses occupants en janvier 1944, le camp de La Lande servira d’ailleurs de lieu d’accueil aux sinistrés de l’explosion du Ripault (18/10/1943), victimes jusqu’alors relogées dans leur famille ou par leur propre moyen.

A côté de l’innommable sachons ne pas oublier ceux qui ont su maintenir l’honneur tels que :

  • Cet instituteur de Monts qui a sauvé une famille juive en lui procurant des cartes d’alimentation portant un faux nom
  • Mme Beaudiot Henriette qui a recueilli un enfant : Alexandre Danemans Meyer, lui sauvant la vie. Ses parents ont été exterminés à Auschwitz.
  • M. et Mme Liaume qui ont sauvé M. Kanter en le faisant passer en zone libre à l’aide de leur charrette à foin.

Dans les années 70, les baraquements ont laissé place à des logement individuels et collectifs.

En 1988, une stèle a été érigée en mémoire de toutes les victimes et déportés qui ont « connu » La Lande.

Réalisé par Carine NORAIS, avec le concours de la Mairie de Monts, de la Communauté Juive de Touraine et du Collège du Val de l’Indre à Monts, avec, pour principale référence, l’ouvrage de Madame Sophie PAISOT-BEAL et de Monsieur Roger Prevost : « Histoire des camps d’internement en Indre et Loire ».